Le cardinal Pell sera jugé pour agressions sexuelles et plaide non coupable

Lilas-Apollonia Fournier (correspondante, à Brisbane, en Australie), le 01/05/2018 à 6h52
Mis à jour le 01/05/2018 à 17h23

Après quatre semaines d’auditions, l’ancien archevêque de Melbourne et de Sydney a été formellement inculpé pour agressions sexuelles, même si une partie des accusations a été abandonnée. Le numéro trois du Vatican nie les faits qui lui sont reprochés.La date du procès sera connue mercredi 2 mai.

Le tribunal de Melbourne a tranché mardi 1er mai : le cardinal australien George Pell sera jugé pour agressions sexuelles. Présent à la lecture des attendus, le « ministre des finances » du Vatican a immédiatement réagi en démentant catégoriquement ces accusations. Il plaidera non coupable.

Sans dévoiler la nature des faits présumés retenus (certains chefs d’accusations ont été écartés), la juge Belinda Wallington a déclaré être « convaincue » du fait qu’il y a suffisamment de preuves pour l’inculper, évoquant de « multiples plaignants ». Une audience procédurale est prévue mercredi afin de fixer la date du procès.

Une première pour l’Église

C’est une première pour l’Église catholique. En effet, ce proche collaborateur du pape François, qui l’avait nommé dans le conseil des neuf cardinaux chargés de l’aider dans la réforme de la Curie et des finances vaticanes, est le plus haut représentant de la hiérarchie ecclésiale à être poursuivi pour agressions sexuelles.

Les accusations portées contre lui remontent aux années 1970-1990. Parmi les accusations examinées par la juge Wallington, figuraient des agressions sexuelles présumées à Ballarat, dans les années 1970, lorsqu’il était prêtre de cette région, ainsi qu’à la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne, dans les années 1990, alors qu’il était archevêque du diocèse.

Pendant quatre semaines en mars, le tribunal de Melbourne avait entendu des témoignages de victimes présumées. Pour protéger les plaignants et garder leurs témoignages confidentiels, les dix premiers jours avaient été fermés au public et aux médias.

Libéré sous caution

« Les victimes présumées ne sont pas crédibles », a déclaré l’avocat du cardinal, Robert Richter. Les accusations « sont le fruit de problèmes mentaux, de fantasmes ou sont de l’invention pure, dans le but de punir le représentant de l’Église catholique dans ce pays pour n’avoir pas empêché les agressions pédophiles commises par d’autres. Le cardinal Pell a été perçu comme le visage de cette responsabilité », a-t-il déclaré.